Faux : aucun dégâts matériels et humains n’a été enregistré après l’attaque de la base aérienne 101 à Niamey au Niger.

Déclaration
Niger 27 soldats tués, des drones et avions détruits lors de l’attaque de la base aérienne 101 de Niamey
Auteur
Verdict
Faux
Une publication devenue virale sur Facebook affirme qu’une attaque contre la base aérienne 101, située près de l’aéroport international Diori Hamani de Niamey, aurait causé 27 morts, dont 24 soldats nigériens et trois soldats russes, ainsi que 18 blessés, avec la destruction de drones, d’une poudrière et d’au moins cinq aéronefs de l’armée de l’air. Après vérification il n’en est rien.

Une publication devenue virale sur Facebook affirme qu’une attaque contre la base aérienne 101, située près de l’aéroport international Diori Hamani de Niamey, aurait causé un lourd dégât matériel et humain. Selon le message, l’assaut aurait fait 27 morts, dont 24 soldats nigériens et trois soldats russes, ainsi que 18 blessés, avec la destruction de drones, d’une poudrière et d’au moins cinq aéronefs de l’armée de l’air. La publication évoque également un silence volontaire des autorités pour des « raisons d’État » et parle de profondes tensions internes au sein de l’appareil sécuritaire. Face à la recrudescence de la diffusion de cette information, nous avons procédé à la vérification et avons trouvé qu’il n’en est rien.

Publié le 28 janvier 2026 sur la page Hamed Amadou N’gadè intitulé « Niger 27 soldats tués, des drones et avions détruits lors de l’attaque de la base aérienne 101 de Niamey ». Largement partagé, a suscité de nombreuses réactions donc 1,2k de mentions j’aime, 757 commentaires et 324 partages.

Le Niger est confronté à une insurrection jihadiste persistante dans plusieurs régions du pays et du Sahel, avec des attaques fréquentes attribuées à des groupes affiliés à l’État islamique et à Al-Qaïda depuis plusieurs années. L’attaque de Niamey intervient dans ce contexte de hausse des violences, de changements d’alliances militaires et de préoccupations sécuritaires accrues et ce qui justifie la circulation rapide de cette information sur Facebook.

Vérification

Pour vérifier cette information, nous avons effectué des recherches par mots-clés sur Google, notamment à partir de l’expression « attaque de la base 101 au Niger ». Cette démarche a permis d’identifier un article de TV5 Monde relayant et analysant un communiqué du ministère nigérien de la Défense. Dans ce communiqué publié le 29 janvier, le ministre de la Défense, Salifou Mody, évoque des tirs « à la sauvette » ayant touché trois aéronefs civils, dont deux appartenant à la compagnie Asky. Il fait également état de l’incendie d’un stock de munitions et précise que quatre militaires ont été blessés.

En poursuivant notre recherche, sur X nous avons retrouvé un article de MaliJet parlant de 4 morts dans cette attaque ainsi que le reportage de Afrique media. 

Pour pousser loin, notre recherche, nous avons consulté les sources officielles nigériennes, notamment le site du ministère de la Défense nationale mais n’avons rien trouvé. Par contre le ministère à fait sortie à travers un communiqué publié le 29 janvier 2026 et relayé par la Télévision nationale du Niger. Selon ce communiqué, l’attaque contre la base aérienne 101 a été repoussée par les Forces de défense et de sécurité (FDS). Contrairement aux chiffres avancés sur les réseaux sociaux, les autorités indiquent dans ce communiqué qu’il n’y a eu que 04 blessés  du côté des soldats nigériens et plusieurs dégâts matériels.

Conclusion

Après vérification, l’information selon laquelle l’attaque de la base aérienne 101 de Niamey aurait causé 27 morts parmi les soldats nigériens, la destruction de drones et de plusieurs aéronefs, ainsi qu’un lourd bilan passé sous silence, est fausse. Les éléments confirmés indiquent plutôt que 20 assaillants ont été neutralisés, 11 arrêtés, qu’il n’y a eu aucune mort côté forces nigériennes, et que les dégâts matériels concernent essentiellement des stocks de munitions incendiés.

Cette publication s’inscrit dans le cadre des efforts continus de vérification des faits menés par KubaaruCheck, visant à analyser les contenus identifiés comme potentiellement trompeurs sur Facebook, TikTok et d’autres réseaux sociaux.

Cet article a été rédigé par le stagiaire ILANA ILILA Ibrahim et édité par Jonas Kaaga. Il est approuvé par Jean Besane Mangam, rédacteur en chef à KubaaruCheck. Ceci est une initiative soutenue par l’Association pour l’Éducation à la Citoyenneté Numérique (DigiEduCivic), qui encourage l’esprit critique et la responsabilité numérique auprès du public. 

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