Hors contexte, cette vidéo de Boko Haram n’a pas été filmé à l’Extrême-nord au Cameroun

Déclaration
Boko Haram est de retour en force dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun. La secte criminelle a repris quelques villages dans cette partie du pays
Auteur
Verdict
Faux
Une vidéo publiée sur Facebook montrant des hommes armés munis de lance-roquettes et de fusils de gros calibre appelés Boko Haram n’a pas été prise au Cameroun. Mais plutôt dans la localité de Gwoza dans l’État du Borno au Nigeria.

Une vidéo circule actuellement sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook, montrant des hommes armés munis de lance-roquettes et de fusils de gros calibre. Certains portent des uniformes militaires, tandis que d’autres sont vêtus en tenue civile. La séquence montre également un groupe de civils en prière, semblant répéter les propos d’un individu entouré de ces hommes armés. Les publications associées, affirment qu’il s’agirait de la prise du contrôle d’un village dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun par le groupe Boko Haram.Toutefois, après vérification, l’équipe de KubaaruCheck a trouvé que cette vidéo n’a pas été filmée au Cameroun, mais dans l’État de Borno au Nigeria. 

Publiée le 23 mars 2026 sur la page Poulakou, accompagnée du message : « Boko Haram est de retour en force dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun. La secte criminelle a repris quelques villages dans cette partie du pays ». Cette publication a suscité un engagement important, enregistrant 460 mentions « J’aime », 28 commentaires et 17 partages au moment de notre vérification, contribuant ainsi à amplifier sa diffusion en ligne.

Cette publication intervient dans un contexte sécuritaire marqué par des attaques persistantes du groupe Boko Haram dans certaines localités de l’Extrême-Nord du Cameroun. Depuis la recrudescence des violences observée entre 2014 et 2016, plusieurs incidents ont été signalés, entraînant des pertes en vies humaines et matérielles. Dans ce climat de vulnérabilité sécuritaire, les contenus évoquant de nouvelles offensives ou des prises de localités sont susceptibles de susciter une forte inquiétude et de se diffuser rapidement, même en l’absence de confirmation par des sources officielles ou indépendantes.

Vérification

Pour vérifier cette affirmation, nous avons effectué des recherches par mots-clés (Le groupe Boko Haram a-t-il pris le contrôle de certains villages dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun ?) sur Google Search. Nous n’avons obtenus aucun résultat d’une source fiable qui mentionne cette information. En revanche, les informations disponibles renvoient à des événements antérieurs, notamment en 2025, 2023, 2019, au cours desquels des attaques attribuées à ce groupe ont effectivement causé des pertes humaines et des dégâts matériels pendant ces années. 

Nous avons également analysé la vidéo à l’aide de l’outil InVID-WeVerify, qui permet de fragmenter une séquence en images clés afin d’en faciliter la vérification. Cette démarche nous a permis de retrouver une correspondance visuelle avec un article publié par Zagazola. Les images identifiées sont associées à un contenu daté du 27 juin 2023, indiquant qu’un individu nommé Ari, présenté comme un imam influent au sein d’une faction de Boko Haram, aurait orchestré plusieurs attaques dans les localités de Gwoza, Banki et Bama, situées dans l’État de Borno au Nigeria.

Conclusion

Une vidéo circulant sur Facebook affirme que le groupe Boko Haram aurait pris le contrôle d’un village dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun en mars 2026. Après vérification, KubaaruCheck a établi que cette vidéo ne correspond pas aux faits avancés. Elle a en réalité été filmée en 2023 dans l’État de Borno, au Nigeria, et a été sortie de son contexte.

Cette publication s’inscrit dans le cadre des efforts continus de vérification des faits menés par KubaaruCheck, visant à analyser les contenus identifiés comme potentiellement trompeurs sur Facebook, TikTok et d’autres réseaux sociaux.

Cet article a été rédigé par le fact-checker Agnès Ekounda et édité par Salomon Garaobe. Il est approuvé par Jean Besane Mangam, rédacteur en chef à KubaaruCheck. Ceci est une initiative soutenue par l’Association pour l’Éducation à la Citoyenneté Numérique (DigiEduCivic), qui encourage l’esprit critique et la responsabilité numérique auprès du public.

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